Qu’est ce que l’Arbre de Samkhya ?

En regroupant les connaissances de certains livres ayurvédiques avec des éléments fondamentaux, les écrits de Philippe Maugars, ceux de Vaidya Atreya Smith et Dr David Frawley, je vous invite à découvrir l’Arbre de Samkya, l’école de philosophie védique qui schématise le principe cosmique, où apparait également les granas (planètes).

Le système philosophique du Samkhya a été fondé par kapila aux alentours du IXe siècle avant notre ère. Il constitue la base de l’Ayurveda.

« La philosophie du Samkhya est la pierre angulaire de l’Ayurvéda et apporte un schéma clair pour comprendre l’essence de la vie en toutes choses. Le terme samkhya signifie « chiffre » car il intègre les 25 entités (Tattwas) qui constituent l’Univers. D’après cette vision de la réalité, il existe un flux continu dans le devenir de toute vie, de l’essence la plus fine au monde matériel.

Charaka, nous dit que : « chaque individu est l’expression unique d’un processus cosmique reconnaissable et parfaitement réglé qui se déroule dans l’espace et le temps ».

Comme nous sommes constitués de la même essence, du même flux énergétique que toutes choses sur terre, nous sommes

véritablement un microcosme de l’univers ».

« Le Samkhya reconnait deux principe universels : l’esprit et la matière, Purusha et Prakriti, ou le principe de la conscience et le

principe de la forme. De l’union de Purusha et de Prakriti est né l’univers, de son niveau le plus bas, la matière inerte, à son niveau le plus élevé, les êtres vivants de toute espèce.

Purusha est la « pure conscience » ou le « soi supérieur » qui est la source même de la vie, de la conscience pure, l’état apaisé de l’esprit à la source de toute activité mentale.

L’objectif de la vie humaine est la réalisation de ce Soi supérieur, ce qui nous permet de dépasser la souffrance et la douleur. Se relier au Soi supérieur, voilà le but ultime de la pratique curative ayurvédique et également de la pratique yoguique.

Prakriti est la nature ou le principe de la manifestation dans le temps et l’espace. Tout comme notre conscience ou notre nature éternelle ne fait qu’un avec le Soi supérieur, notre corps et notre esprit ou notre manifestation temporelle suit les lois de la nature ou Prakriti.

Pour réaliser notre liberté spirituelle (Purusha) nous devons d’abord harmoniser notre incarnation (Prakriti) ; l’équilibre et le bien-être du corps et de l’esprit font partie intégrante du

développement spirituel et sont la base de pratiques plus intenses ; le corps est le moyen dont nous disposons pour réaliser le Soi spirituel.

Prakriti est la conscience vibrante qui se manifeste à travers l’interaction de trois forces fondamentales appelées Gunas dans la Science védique. Lorsque les trois Gunas, entrent en mouvement, donc en déséquilibre, l’animation est créée dans la substance primordiale. Alors commence une interaction entre ces trois valeurs qui enclenche l’émergence de la diversité du monde relatif.

Les trois gunas : Sattva, rajas et tamas sont les instruments de manifestation de Prakriti qui est la force fondamentale s’exprimant dans la création, le maintien et la dissolution de tout élément.

(cf détail des trois gunas à la section gunas)

Le mouvement de Prakriti engendré par la relation des trois gunas suscite l’apparition de Mahat, l’intelligence cosmique, source de toute expression dans le monde manifesté. Mahat l’intelligence créatrice, s’exprime au niveau individuel et correspond à Buddhi, l’intellect le plus subtil, cette faculté de discernement qui conduit à un choix favorable à l’évolution pleinement accordé à la loi naturelle.

A partir de Mahat, l’ego ou le sens du « je » est formé.

Ce niveau d’expression est appelé Ahankar dans la philosophie Sankya. C’est Ahankar qui crée les limitations du temps et de l’espace et qui engendre l’apparition de Manas, ou l’esprit conditionné en relation directe avec le corps émotionnel. Les émotions mal gérées et non assimilées sont la source de Manas. .

Budhi est alors obscurci par Manas et l’homme est confronté à la souffrance car coupé de son Soi le plus profond.

Prakriti, Mahat, Buddhi, Ahankar, Manas correspondent à la manifestation subjective de la conscience.

Ensuite le Sankhya décrit l’émergence du monde objectif à partir des cinq énergies primordiales, les tan matras qui sont comme l’essence des éléments matériels et les cinq sens de perception. Ce sont les éléments les plus subtils à la source de toute activité sensorielle. Sans les tan matras, les sens ne pourraient pas fonctionner et le monde n’existerait pas.

Il existe donc un tan matra de :

  • l’ouïe, du toucher, de la vue, du gout et de l’odorat.

Ils nous relient au monde extérieur, puis les cinq organes d’action :

  • la bouche, les mains, les pieds, les organes reproducteurs et l’anus.

Ils sont nécessaires à la vie sur le plan terrestre et les cinq grands appelés Mahabhutas :

  • l’espace, l’air, le feu, l’eau et la terre.

Ces cinq éléments primordiaux sont présents dans toute valeur matérielle et ils sont nés de l’intelligence cosmique qui imprègne l’univers tout entier.

Les trois gunas : facteurs causaux à la source de toute manifestation.

Tan matras : facteurs subtils, bases de perception.

Les cinq Mahabhutas établissent les valeurs du monde physique.

(Ajouter l’Arbre de Samkhya)

« Le chant du Seigneur, Bhagavad Gita

Treizième chapitre : Le Yoga de la distinction entre le champ et le Connaisseur du champ. Verset 20 à la fin.

20- Sache que Prakriti et Purusha sont tous deux sans commencement et sache aussi que les modifications et les gunas sont nés de Prakriti.

21- On dit que Prakriti est la cause, l’effet, l’instrument et l’agent. Dans l’expérience du plaisir et de la souffrance, Purusha est appelé la cause.

22- Purusha, résidant dans Prakriti, expérimente les gunas de Prakriti. Ses attachements aux gunas causent sa naissance de bonnes ou de mauvaises matrices.

23- Purusha Suprême dans le corps est appelé le Témoin, Celui qui donne son assentiment, Celui qui est le soutien, le sujet de l’expérience, le Grand Seigneur et l’Esprit Suprême.

24- Celui qui connaît ainsi Purusha et Prakriti avec ses gunas, bien qu’il agisse toujours, ne renaît plus.

25- Certains perçoivent Atman Suprême au-dedans d’eux-mêmes par l’intelligence purifiée dans la méditation. D’autres par la voie du Yoga de la Connaissance et d’autres encore par le yoga de l’Action.

26- Enfin, d’autres ignorant ces voies, en entendant parler par d’autres, adorent eux aussi le Suprême. Et ceux-là, dévoués à ce qu’ils ont appris, passent également au-delà de la mort.

27- Sache que tout ce qui existe, les créatures animées et les objets inanimés, ô le meilleur des Bharatas, est né de l’union du champ et du Connaisseur du champ.

28- Celui qui voit le Seigneur Suprême résidant également dans tous les êtres, Impérissable dans ceux qui périssent, celui-là voit juste.

29- Car, en voyant ainsi le Seigneur présent partout également, il ne détruit pas sa connaissance d’Atman et il atteint le but suprême.

30- Celui qui voit que toutes les actions sont faites uniquement par Prakriti et qu’Atman n’agit point, celui-là voit juste.

31- Quand un homme comprend que l’existence séparée de tous les êtres est établie dans l’Unique Réalité et que la multiplicité vient de la Réalité seule, il atteint Brahman.

32- Parce qu’Atman Suprême, l’Unique Réalité, est Impérissable, sans commencement et sans attribut, ô fils de Kunti, même en habitant le corps, Il n’agit pas et n’est pas souillé.

33- De même que l’éther (akasha), qui pénètre tout, n‘est pas souillé grâce à sa subtilité, ainsi Atman n’est pas affecté même quand Il demeure dans le corps.

34- De même que l’unique soleil illumine le monde entier, ainsi le Connaisseur du champ illumine le champ, ô Bharata !

35- Ceux qui perçoivent avec les yeux de la Connaissance la distinction entre le champ et le Connaisseur du champ et aussi la libération des êtres des liens de Prakriti, ceux-là atteignent le Suprême.

Tel est – dans les Upanishads de la Bhagavad Gita, la Science de Brahman, les Écritures du Yoga et le dialogue entre Sri Krishna et Arjuna –

Comme le dit Swami Veetamohananda dans « le trésor de réflexions » :

« On peut ne pas être intéressé par la vie spirituelle. On peut seulement avoir envie de tirer intelligemment le meilleur profit de la vie. Si l’on veut cependant suivre sa recherche courageusement jusqu’à sa conclusion logique, on devra se faire le chercheur de la connaissance expérimentale du Soi ».

Relation des granas par rapport au Samkhya

A visualiser avec le schéma pour une meilleure compréhension.

Le soleil représente Purusha (Atman) en tant que conscience pure non divisée et ensuite l’archétype d’agi (le Dieu du feu, la transformation, dieu de la purification -pavaka-) au niveau de Mahat. Le soleil en tant que principale énergie de l’univers, représente aussi le prana cosmique, en particulier l’énergie de la conscience.

La lune représente Prakriti parce qu’elle reflète la lumière de Purusha  (soleil) ainsi que l’archétype divin de Varuna (le dieu des eaux et des océans, la cohésion, organisateur des lois de la nature élaborées afin de maintenir l’équilibre du monde).

Mars est la planète d’énergie pure ou prana, représentée par l’archétype divin de Shiva (Dieu de la destruction et du renouvellement dans ce contexte).

Mercure représente le pouvoir de discrimination de Buddhi ainsi que l’archétype divin de Vishnu (Dieu de la préservation et de la communication dans ce contexte).

Jupiter représente le côté positif de l’esprit cosmique (mahat) qui est l’intelligence cosmique de l’univers ainsi que l’arctique divin du Dieu védique Indra (Dieu des cieux délivrant la connaissance).

Saturne représente le côté négatif de mahat et l’archétype divin de Brahma (Dieu de la connaissance dans ce contexte).

Jupiter transmet la connaissance, Saturne supprime l’ignorance, tous deux représentent les pouvoirs principaux de l’esprit cosmique sous divers aspects.

Vénus s’intéresse principalement aux tanmatra et au monde astral parce qu’elle nous entraîne dans les cinq sens et dans l’expérience du plaisir. Elle représente l’archétype divin de la déesse Devi, épouse d’Indra.

Les deux noeuds lunaires, Rahu et Ketu agissent comme Ahamkara dans le sens qu’ils obscurcissent la lumière du soleil et de la lune ou de Purusha et Prakriti. Dans ce sens, les noeuds lunaires fonctionnent comme des maléfiques puisqu’ils éclipsent ou dissimulent la lumière des principes divins. Ils entraînent la séparation de ces mêmes principes. Cependant ils représentent aussi les archétypes de la société et de l’individu représentant l’être humain.

L’Ascendant représente Ahamkara en général et l’archétype de la séparation dans l’univers transmettant également le karma passé avec son incarnation.

Important à notifier dans cette lecture astrologique :

. Le thème représente le temps en général et le mouvement de

  l’individu à travers ce temps (Ascendant ou Ahamkara) ;

. Les planètes sont les métaphores des forces acrchétypales telles

  qu’elles sont décrites dans le Samkhya.

Dans la tradition védique, il y a quatre types de karma pour chaque être humain :

. Sanchita (l’accumulation de tous les karmas)

. Prarabdha (le karma prêt à se manifester)

. Kriyamana (le karma étant expérimenté à présent)

. Agama (le karma pas encore manifesté ; le karma futur)

Comprendre le système  du Samkhya permet en tant qu’astrologue de comprendre à quel niveau les karmas se manifestent dans les Pancha kocha (cinq enveloppes) et ainsi quels sont les domaines de la vie qui pâtiront des résultats de ces karmas.

Tout comme les déités ou les archétypes divins nous aident à comprendre quel genre de karma est en train de se manifester, les cinq enveloppes indiquent à quel niveau il se manifeste.

Les planètes ne représentent rien d’autre que la pure conscience se manifestant pour s’emparer de nous afin que nous expérimentions les fruits de nos actions passées et présentes.

Le Jyotish consiste à l’étude du karma.